Le carré noir sur fond blanc, c'est la rupture. La violence du contraste sauvage, dirons-nous, entre deux entités totalement opposées, le blanc, le pur, le noir, l'obscur. Pas de demi-mesure, pas de nuances, juste la représentation d'une séparation, nette et froide.
Un écran noir. Un écran vide. Les informations n'y passent pas, ou plutot, les informations sont erronées, corrompues, dénuées de sens. Ce ne sont pas des informations, c'est le néant. Le spectateur est ici confronté à l'expression inexpressive du néant, le vide absolu. L'absens de sens, l'absense de discernement, l'absence d'âme. Et puis cruelle différence entre ce qui paraît à l'écran et l'environnement. Le blanc est pur, le noir s'y oppose et il ment. Il est le côté sombre de la vie, et si il est si bien dissimlé dans le blanc environnant, il apparaît clairement dans l'écran, se reflète dans la création de l'homme. Et le mensonge, et la corruption, et le poison qui a rendu noire l'interface d'échange d'informations. Le témoin ne peut alors plus rien discerner, parce que les couleurs se sont toutes mélangées pour former cette masse noire. Il est condamné a absorber un tissus stérile d'informations vides. Et il ne le sait pas.